Léhon et Dinan à pied : une journée coup de cœur en Bretagne

Une ancienne cité monastique, un chemin de halage au bord de la Rance, une ville médiévale, des maisons à pans de bois, des remparts, une rue qui grimpe sévèrement et pour finir, un éclair au chocolat qui m’a presque fait envisager de déménager…
Bienvenue à Léhon et Dinan, pour une journée entre patrimoine, nature et gourmandise au cœur des Côtes-d’Armor.

Découvrir Léhon, la petite cité de caractère

Premier arrêt : Léhon.
Et quelle jolie surprise ! Blottie au bord de la Rance, cette ancienne cité possède un patrimoine étonnamment riche pour un si petit territoire.

Où se garer à Léhon ?
Pour cette journée, j’ai fait quelque chose que j’adore : je gare la voiture une fois… et je n’y touche plus !
J’ai choisi de stationner à proximité de l’abbaye Saint-Magloire, place Abstatt. C’est un point de départ pratique pour commencer la découverte de Léhon avant de poursuivre tranquillement jusquu’à Dinan. Et franchement, c’est exactement ce qu’il faut faire ici. Parce que la suite de la journée se fait à pied.

Aujourd’hui, Léhon fait partie de la commune nouvelle de Dinan, créée le 1er janvier 2018 à la suite de la fusion des deux communes. Léhon a néanmoins conservé son identité et son statut particulier. Une fois sur place, ce sont surtout les vieilles pierres et l’ambiance paisible du village que l’on remarque.
Ici, pas besoin d’un programme compliqué. Je marche dans les petites rues, je regarde les maisons… Et puis forcément, mes pas me conduisent vers le monument qui domine l’histoire du village : l’abbaye Saint-Magloire.

Parenthèse culturelle :
Pourquoi une abbaye ici ?
L’histoire de Léhon est intimement liée à son abbaye.
Le monastère Saint-Magloire est fondé au IXe siècle, autour des reliques de saint Magloire. Sa fondation remonte à 850, sous le règne de Nominoë, avec six moines bâtisseurs. Le site connaîtra ensuite plusieurs épisodes de destruction et de restauration, notamment après les invasions normandes. Autrement dit, les premières pierres de cette histoire remontent à plus de mille ans.

L’abbaye Saint-Magloire et son cloître
L’abbaye Saint-Magloire est vraiment le cœur historique de Léhon. Le site rassemble notamment l’église abbatiale, le cloître et les anciens bâtiments conventuels. L’église mêle influences romanes et gothiques tandis que le cloître actuel date du XVIIe siècle. Lors de mon passage, les bâtiments conventuels et les jardins n’étaient malheureusement pas ouverts.
J’ai néanmoins pu découvrir le cloître et l’église abbatiale, et cela suffit déjà à apprécier la beauté du lieu. J’aime beaucoup ce genre d’endroit où l’on entre et où, presque immédiatement, le rythme ralentit. Les vieilles pierres ont ce petit pouvoir. On parle moins fort. On marche moins vite. Et on regarde davantage autour de soi.

De Léhon à Dinan à pied par le chemin de halage

Une petite balade au fil de la Rance
Après cette parenthèse historique, je reprends ma balade. Direction la Rance. Et là, je retrouve un paysage que j’adore : un chemin au bord de l’eau.
Vous commencez à me connaître… Dès qu’un itinéraire longe une rivière, je suis partante ! Je rejoins ensuite le secteur du vieux pont de Léhon, qui permet de franchir la Rance. Le décor est paisible, les arbres accompagnent le chemin et le reflet des maisons dans l’eau donne à l’ensemble un petit air de carte postale.

Le chemin de halage
Je poursuis donc en direction de Dinan par le chemin de halage qui longe la Rance et donne vraiment cette impression d’être loin de la ville. Alors que Dinan est juste là. À quelques kilomètres. Plus précisément à 5,2km en suivant la vallée de la Rance.
Je continue tranquillement, en profitant du paysage.
Puis j’arrive au niveau de l’écluse de Léhon. Quelques minutes auparavant, j’étais plongée dans l’histoire monastique de Léhon et me voilà maintenant à suivre paisiblement la voie d’eau.
La balade passe également sous le viaduc de Dinan.
Et petit à petit, la ville apparaît.

Dinan, une ville qui ne m’a pas laissée indifférente

Entrer dans Dinan par le vieux pont
Le chemin de halage me mène tranquillement vers Dinan, jusqu’au vieux pont. Et c’est ici que je franchis la Rance pour entrer dans Dinan.
On lève les yeux et Dinan apparaît au-dessus de nous, avec ses maisons anciennes, ses fortifications et ses clochers.
A droite, le port de Dinan, installé au bord de la Rance et relié au canal d’Ille-et-Rance, a longtemps été un important port de commerce avant de devenir principalement un port de plaisance.
Et maintenant, il va falloir rejoindre la ville haute.
Pour cela, une seule solution : on grimpe.

La rue du Petit-Fort et du Jerzual : attention, ça grimpe !
Ah… Si vous avez déjà visité Dinan, vous voyez exactement de quoi je parle. Pour les autres, préparez-vous.
Cette rue pavée relie le port au centre historique depuis plusieurs siècles. Elle mesure environ 500 mètres et présente une pente assez marquée, pouvant atteindre environ 12 %. Autant vous dire que mes mollets commencent à comprendre qu’ils n’avaient pas été consultés avant cette journée. Mais impossible de râler longtemps. Parce que la rue est magnifique. Vraiment magnifique ! Les maisons anciennes se succèdent, les façades sont toutes différentes et les boutiques et ateliers d’artisans donnent beaucoup de vie à cette montée.

Parenthèse culturelle :
Pourquoi le Jerzual est-il si important ?
La rue du Jerzual n’est pas simplement une jolie rue médiévale devenue touristique. Elle constituait autrefois l’axe principal entre le port et la ville haute. Les marchandises circulaient donc par ici pour rejoindre la cité.
On comprend beaucoup mieux, en la grimpant, pourquoi cette rue était si importante : elle relie directement le monde du commerce installé en bas, sur le port, à la ville protégée par ses fortifications.
Aujourd’hui, les marchandises ont laissé place aux visiteurs, aux boutiques et aux ateliers d’artisans.

Flâner dans le centre historique de Dinan
Une fois arrivée en haut, je vous conseille de ne pas essayer de visiter Dinan au pas de course.
Flânez. Prenez une rue. Puis une autre. Levez les yeux. Regardez les façades. Et surtout, n’oubliez pas l’appareil photo.
Dinan possède environ 130 maisons à pans de bois dans son centre historique. Certaines se trouvent notamment autour de la place des Merciers, de la rue de l’Horloge ou encore de la rue de l’Apport.

Parenthèse culturelle :
Pourquoi des maisons à pans de bois ?
Ces maisons sont constituées d’une ossature en bois dont les espaces étaient traditionnellement remplis de matériaux comme le torchis.
Et si elles donnent aujourd’hui à Dinan son incroyable allure médiévale, elles étaient avant tout des habitations et des bâtiments commerciaux.
Ce qui me plaît ici, c’est qu’elles ne sont pas regroupées dans un décor de musée. Elles font toujours partie de la ville. Il y a des commerces dessous, des habitants derrière les fenêtres, des restaurants dans les anciennes maisons… Bref, le Moyen Âge a peut-être quitté les lieux, mais il a laissé sa déco !

La tour de l’horloge
En poursuivant ma balade dans le centre historique, impossible de manquer la tour de l’horloge.
Avec ses 43 mètres de hauteur, elle domine la vieille ville et fait partie des symboles de Dinan. Construite au XVe siècle, elle témoigne de l’importance prise par la bourgeoisie dinannaise à cette époque.

Parenthèse culturelle :
Au Moyen Âge, posséder une horloge et surtout une cloche n’était pas un simple détail pratique. C’était aussi une manière pour la ville d’affirmer son importance et son autonomie face aux autres pouvoirs.

Je ne suis pas montée dans la tour cette fois-ci, mais rien que de l’extérieur, elle impose sa présence au milieu des maisons à pans de bois. Et puis, après avoir déjà grimpé la rue du Jerzual, je me suis dite que mes mollets avaient peut-être suffisamment travaillé pour aujourd’hui !

Son patrimoine religieux
Dinan possède également un patrimoine religieux remarquable. Je commence par la basilique Saint-Sauveur, située sur la place du même nom. Son architecture mélange notamment les styles roman et gothique. Elle est mentionnée dès le XIIe siècle et conserve plusieurs éléments remarquables. Mais ce qui m’interpelle surtout, c’est la présence du tombeau de Bertrand du Guesclin.

Parenthèse culturelle :
Mais qui était Bertrand du Guesclin ?
Bertrand du Guesclin est l’une des grandes figures militaires bretonnes de la guerre de Cent Ans. Et petite précision qui m’a amusée lorsque je l’ai découverte : le tombeau conservé dans la basilique contient son cœur. Car sa dépouille a été séparée et repose en plusieurs endroits : ses entrailles au Puy-en-Velay, son cœur ici à Dinan et son squelette à Saint-Denis. Une histoire digne d’un grand chevalier médiéval… avec une géographie funéraire pour le moins compliquée !

Je poursuis ensuite ma découverte du patrimoine religieux avec la chapelle des Cordeliers. Même si elle est plus discrète que la basilique Saint-Sauveur ou l’église Saint-Malo, elle mérite vraiment le détour pour son histoire et son architecture.
Je continue vers l’église Saint-Malo. Construite à partir du XVe siècle, elle est un bel exemple du gothique flamboyant et possède notamment un portail Renaissance, de remarquables vitraux et un orgue classé au titre des Monuments historiques. Et comme toujours, je vous conseille de prendre quelques minutes pour entrer.

Le château de Dinan
Impossible également de passer à Dinan sans aller voir son château.
Le château actuel est construit dans les années 1380, à la demande du duc de Bretagne Jean IV. L’objectif était notamment d’affirmer le pouvoir ducal sur une ville qui lui était alors hostile. La forteresse comprend notamment la tour-résidence et la tour Coëtquen. Et même si vous ne faites pas la visite intérieure, ses imposantes tours méritent largement le détour.

Parenthèse culturelle :
Quand Jean IV veut montrer qui commande !
Dinan était une ville riche et stratégique. Son port, son commerce et sa position en hauteur lui donnaient une importance considérable.
Alors quand le duc Jean IV fait construire ce château à la fin du XIVe siècle, le message est plutôt clair : « C’est joli chez vous… mais n’oubliez pas qui est le duc. » Une manière médiévale de rappeler les rapports hiérarchiques !

Se balader sur les remparts de Dinan
Et puis il y a les remparts. Impossible de les manquer ! Ils entourent la vieille ville et constituent l’un des grands témoignages du passé militaire de Dinan.
Aujourd’hui, l’enceinte conservée s’étend sur environ 2 kilomètres, alors qu’elle atteignait près de 3 kilomètres à l’époque médiévale. Quatorze édifices ponctuent encore les fortifications, dont quatre portes.
J’adore ce genre de promenade. On marche avec la ville d’un côté et le paysage de l’autre. On domine les toits, on aperçoit la Rance, le viaduc, le port… Et surtout, on comprend immédiatement pourquoi Dinan occupait une position aussi stratégique.
Petite différence avec Saint-Malo : ici, impossible de faire le tour des remparts à pied. À Saint-Malo, en revanche, le chemin de ronde fait tout le tour de la cité corsaire, sur environ 1,7 kilomètre.
Si vous voulez découvrir cette autre ville fortifiée au bord de la mer, je vous raconte justement ma journée à Dinard et à Saint-Malo.

Quand une musicienne devient un orchestre
Au milieu de toutes ces vieilles pierres, je croise une dame en costume qui joue de plusieurs instruments à la fois.
Et comme si cela ne suffisait pas, ses deux mains et un pied sont sollicités. Je reste à regarder la scène quelques instants. Un véritable orchestre à elle seule !

Ma pause gourmande
Vous pensiez vraiment que j’allais terminer une journée à Dinan sans vous parler de gourmandise ?
Soyons sérieux. Et non… ce n’est pas un kouign-amann ! Cette fois, ma pause gourmande se fait à la Boulangerie-Pâtisserie Hébert, au 26 rue du Marchix. L’adresse est notamment connue pour son fameux flan grand-mère à la vanille, qui a décroché la troisième place au concours du meilleur flan de France. Mais la maison ne s’arrête pas là : Antoine Hébert s’est également classé quatrième au concours du meilleur éclair au chocolat.
Verdict ? Une tuerie.
Et finalement, cette pause gourmande vient plutôt bien conclure ma journée. Parce qu’au fil de mes découvertes, ce n’est pas seulement la pâtisserie qui m’a séduite. C’est Dinan tout entière.
Ses maisons à pans de bois, ses petites rues pavées, ses remparts, le port, la Rance… J’ai vraiment eu un coup de cœur pour cette ville. À tel point qu’après la balade, j’ai fait quelque chose de parfaitement raisonnable : j’ai regardé le prix des loyers à Dinan ! Oui, oui.
Quand une ville vous plaît suffisamment pour commencer à vous demander « Et si je vivais ici ? », je crois qu’on peut officiellement parler de coup de cœur, non ?!
Je me suis même imaginée avec un petit chez-moi ici, à quelques pas des jolies ruelles, avec la Rance pour voisin et de belles balades à portée de chaussures. Bon, je vous rassure : je ne suis pas repartie avec un bail sous le bras. J’ai juste fini mon éclair. Chaque chose en son temps !

Retour à Léhon : deux possibilités
Après avoir bien profité de Dinan, il est temps de penser au retour vers la voiture laissée à Léhon. Et là, deux possibilités s’offrent à vous.
La première consiste tout simplement à reprendre la voie de halage le long de la Rance, comme à l’aller. C’est l’option, si vous avez envie de prolonger encore un peu cette jolie balade au bord de l’eau.
Mais moi, j’ai choisi la deuxième solution : redescendre par la rue Beaumanoir au niveau de la Porte Saint-Louis, qui permet de rejoindre tranquillement Léhon. Cela boucle cette journée sans reprendre la voiture entre les deux villes.
J’ai beaucoup aimé cette façon de terminer la balade : une journée entière à pied entre Léhon et Dinan.

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